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Voyage nocturne

Najati Al-Bukhari

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Je suis entré dans le cabinet en compagnie du médecin. Dès que nous étions à l’intérieur le médecin parla le premier:

-Monsieur, m’adressa la parole le médecin dans une voix basse et un ton monotone. Votre mère a été atteinte depuis des années par la peste de notre temps, le cancer, la maladie qui n’est pas encore vaincue par la science et les technologies modernes. Je pense, monsieur, que le cancer s’est déjà ancré au fond de votre mère. Tous les organes sont presque attaqués par ce monstre enragé. Sans difficulté j’étais capable de découvrir la réalité en ce qui concerne la santé et la nature de la maladie de votre mère.

En entendant le mot cancer dit par le médecin, je me sentais étourdi et j’étais en train de tomber de mon siège sur le sol de la salle. Je me tenais audacieusement dans mon siège. Le dernier mot dit par le médecin me vint comme un coup de foudre ou d’une main invisible qui a essayé à frapper toute mon existence. Je me dis que ce sera la fin de ma mère et je me demandais pourquoi ma mère a été choisie pour être une de condamnés à mort. Comment la mort l’a-t-il choisie à donner son dernier souffle prochainement? Quel crime a-t-elle commis au cours de sa vie pour mériter cette sentence cruelle et absolument sévère et injuste?

-Monsieur, reprit le médecin son adresse. Je crois que c’est un cancer très avancé. Vraisemblablement a-t-il commencé à attaquer votre mère depuis longtemps, cinq à six ans. A ce temps-là quelque chose aurait pu être faite par le moyen d’une opération par laquelle la tumeur et l’utérus auraient dû être excisés. Dans opération faite pour elle depuis quatre ans la tumeur seulement a été excisée tandis qu’il était absolument nécessaire d’enlever aussi l’utérus. Mais maintenant, je doute qu’il soit possible de sauver votre mère. Il n’y a aucune chance de la sauver ... sauf par un miracle ... un miracle. Je vous propose de l’emmener à mon hôpital pour lui faire une opération urgente pour découvrir ce qui se passe dans son ventre.

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Quand j’étais seul avec le médecin j’entendais une voix comme celle de ma mère me disant, « Sauve toi et sauve moi, mon fils. » En sortant du cabinet à la salle de réception, ma mère, qui était assise dans un fauteuil, me donnait un regard plein d’inquiétude et d’interrogation. Ses yeux me posaient des questions en ce qui concernait de ce qui se passait à l’intérieur du cabinet avec le médecin concernant son destin et son avenir, et à propos de la nature de la maladie qui l’avait atteinte.

Bien sûr, mon visage reflétait tous les soucis qui me tourmentaient et même me torturaient à cause du jugement sévère et impitoyable du médecin. Ma mère avait toujours la capacité de lire sur mon visage ce que je voulais dire et ce qui se passait dans mon esprit. En regardant mon visage elle avait compris tout. Le message qui j’étais en train à lui communiquer était clair et net. A ce moment-là, j’avais l’intention de cacher le visage par les deux mains pour empêcher ma mère de voir mon visage et de lire le message.

Néanmoins, ma mère comme toutes les autres qui sont victimes du cancer avait la peur de la maladie dont elle souffrait. Il y avait de temps quand elle avait constamment vécu dans une cancérophobie. Toujours ce monstre se présentait à elle jour et nuit. La maladie l’accompagnait comme son ombre.

Ma mère, depuis longtemps, avait l’habitude de faire seulement des allusions à cette maladie quand on aurait dû parler de quelqu’un qui était frappé par la peste de temps moderne. Autant que je me le souviens, elle n’avait jamais prononcé le mot cancer avant sa maladie ni après. Donc, elle avait vécu toute sa vie dans la peur de cette maladie horrible. En tant qu’un membre d’une communauté où l’éducation ne s’était pas encore répandue pour comprendre la plupart des filles de l’âge de scolarisation, et où, par conséquence, les âgés, comme ma mère n’avaient pas les chances de fréquenter les écoles primaires, ma mère n’avait aucune idée à propos de la nature réelle de sa maladie.

La plupart des gens dans notre communauté croyaient que le cancer, en tant qu’une maladie, était une sorte d’animal féroce, avec des membres comme ceux de la pieuvre qui naît dans le corps humain et qui grandit graduellement jusqu l’étouffement de l’être atteint par elle. L’origine du monstre, le cancer, peut être une seule substance étrange que l’on avale. Des superstitions, peut-être, se répandaient-elles autour de cette maladie. Tout le monde croyait, sans le dire, qu’elle était contagieuse. Tout le monde se comportait selon cette conviction absurde. Tout le monde savait que la maladie était fatale. Quand elle frappe elle tue. Bien entendue, tout le monde avait l’habitude de s’éloigner de celui ou de celle qui avait été atteint par cette maladie effrayante.

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© 1980-2017 by Nawaf Al Bukhari, Amman-JORDAN and Dubai-UAE

Malgré tout cela, le fait que j’étais avec elle dans la salle de réception donnait ma mère quelque sorte de consolation, de confiance et, peut-être, d’espoir. J’ai décidé de ne pas, dans aucun cas, prononcer le nom de ce mal, ni d’y faire allusion. Quant à moi, j’étais plus au moins informé sur la nature de ce mal, surtout en ce qui concerne sa fatalité, et que la science et la technologie moderne n’avait pas encore vaincu le cancer. L’éducation générale que j’avais à ce temps-là de ma vie me permettait de comprendre la plupart des implications du jugement du médecin.

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Malgré tout cela, ma mère et moi, nous regardions longuement. J’ai compris tout. Pour elle, je symbolisais l’espoir et peut-être le salut. Le fils devait sauver la mère. Conformément à cet axiome, me dis-je, je devais me comporter. Il y avait d’espoir dans la probabilité. De l’autre part, le médecin impliquait ma culpabilité parce que j’aurais dû me comporter autrement envers la maladie de ma mère. Dans la très petite probabilité de sauver ma mère je pourrais trouver mon innocence. Bien sûr, me dis-je, que personne, à l’exception du médecin, ne fit aucune allusion à ce qu’aurait pu être autrement. Pour mois, dans le domaine de l’accusation, une personne est égale à tout le monde. Donc, tout le monde m’accusait.

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